Partages de livres, de lectures, d'écritures
13 Juin 2021
James Agee Walker Evans, LOUONS MAINTENANT LES GRANDS HOMMES Alabama: Trois familles de métayers en 1936, Terre Humaine Poche, 640 pages, traduit de l'anglais (Etats Unis) par Jean Queval
Le titre et la première de couverture sont magnifiques, c'est ce qui m'a attirée. L'idée d'un reportage mêlant récit et photographies, comme deux œuvres indépendantes et qui se répondent me semblaient séduisantes. Le thème aussi: pénétrer dans l'Amérique pauvre des fermiers cultivant le coton, toucher du doigt un vrai visage de la misère grâce à deux hommes venus vivre avec ces familles et se donnant comme mission d'en rendre compte. Mais qu'est-ce que j'ai eu du mal à finir ce pavé de plus de 600 pages, comme toujours dans ce cas-là, j'ai sauté des passages mais alors que je n'ai aucun mal à abandonner une lecture, là j'ai quand même tenu à aller jusqu'au bout. C'est un des textes les plus étranges que j'ai lus. Une sorte d'hybride de réflexions sociologiques, de récits, d'observations associés à des poèmes, à de longues digressions sur l'art, sur l'écriture, à des descriptions parfaitement minutieuses de tous les objets, de tous les lieux. Je n'arrive pas à avoir une opinion tranchée: il y a des pages magnifiques et d'autres illisibles. J'ai beaucoup aimé tout le passage sur les vêtements portés par ces hommes, ces femmes et ces enfants dont l'auteur énumère le moindre détail, j'ai trouvé que ce détail extrême disait vraiment quelque chose de ces gens et de leur dénuement. En revanche, d'autres passages m'ont fait bailler d'ennui et j'ai eu la tentation d'arrêter la lecture à plusieurs reprises. Et puis je tombais sur un passage qui relançait mon intérêt. Les photographies d'Evans sont toutes très belles, c'est peut-être cela qui m'a fait tenir. En tous cas, c'est une expérience de lecture assez peu commune et je pense que je relirai des morceaux dans quelques temps.