Partages de livres, de lectures, d'écritures
9 Décembre 2012
Un récit plutôt qu'un roman sur la Grande Guerre sobrement appelé 14. Deux frères, Anthime et Charles sont mobilisés comme tous les jeunes hommes de leur génération, ils partent la fleur au fusil sûr d'être de retour quelques mois plus tard. Charles, flamboyant, beau garçon et plutôt hâbleur est versé dans l'aviation alors qu'Anthime, discret voire terne combat vaillamment dans les tranchées. Un reviendra de la guerre, l'autre pas. Ils sont tous deux en relation avec Blanche, une belle jeune femme, qui leur écrit depuis l'arrière.
Echenoz s'attaque à un thème sur lequel denombreux écrivains se sont déjà exprimés et franchement son texte n'apporte rien de nouveau. On sait déjà l'horreur des tranchées, le quotidien des poilus et les souffrances causées. Seule la langue peut présenter un intérêt, très saccadée, avec un rythme quasi poétique, de longues énumérations mais cela reste assez infime pour retenir le lecteur. J'ai bien aimé le traitement qu'il fait des objets du quotidien mais c'est peu. J'ai beaucoup lu de textes sur cette période et je préfère de loin, La Main coupée de Blaise Cendrars qui fait pénétrer dans le quotidien des tranchées avec une vraie crudité. Ou même Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot, version plus romancée mais qui pose le problème des "déserteurs" exécutés pour l'exemple. Et bien sûr, en BD, C'était la guerre des tranchées de Tardi qui est sans concession sur les images de la guerre. La vision d'Echenoz me semble bien fade et délavée.