Partages de livres, de lectures, d'écritures
18 Novembre 2012
Burke est le meilleur dans son domaine: le papier et plus précisemment le papier polymère, il en est persuadé. Malheureusement, il est victime d'un mal de nos sociétés modernes: la compression de personnel. Etant un peu trop expérimenté et donc un peu trop cher et sans doute aussi un peu trop vieux, il fait partie des premiers licenciés lorsque les actionnaires de son usine ont décidé de décentraliser leur production afin de gagner encore plus de dividendes. Burke Devore est atterré, il ne peut plus vivre avec cette humiliation, sa famille va à vau l'eau... il doit réagir et trouver des solutions, quitte à ce qu'elles soient radicales.
Un bon roman plutôt noir sur le thème mais qui garde quand même une certaine légèreté du fait que le lecteur suit les tribulations de ce personnage acculé à agir en dehors de sa morale. Peut-être quelques situations un peu répétitives qui nuisent au rythme de la narration mais l'ensemble m'a bien plu. En marge de la situation particulière de ce type qui perd tout, Donald Westlake se livre mine de rien à une critique du système actuel du travail et égratigne le capitalisme. La compétition à outrance et le devoir d'être le meilleur pour conserver son job sont des préceptes très bien intégrés par le héros du roman même s'il les met en place de manière particulière. J'ai bien aimé la fin car le système est poussé jusqu'à son absurdité.
Un moment de lecture agréable que ce Couperet là, où la fiction policière se mêle à une réflexion sociale qui n'est pas trop appuyée mais qui sous-tend l'intrigue.