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3 Octobre 2020
La Prière des oiseaux, Chigozie Obioma, Buchet Chastel, 2020, 519 pages, traduit de l'anglais (Nigéria) par Serge Chauvin
Que ce fût long! J'ai peiné à parcourir les quelques cinq cents pages de cette prière. Pourtant l'histoire de Chinonso, éleveur de poules de son état, amoureux de la belle Ndali au point de faire systématiquement les mauvais choix aurait pu me plaire. C'est une schéma d'amour contrarié assez classique, il est pauvre et sans diplôme, elle appartient à une famille riche et fait des études de pharmacie, comment pourraient-ils se rencontrer et s'aimer? Le fait que Chinonso la sauve d'un suicide va être le point de départ de leur amour. Pour elle, il partira en Europe afin de se construire une situation mais c'est sans compter sur les affres de la fatalité qui viendront tout contrarier. La forme aussi est intéressante, le narrateur de cette tragique existence, le chi du personnage, en quelque sorte son âme ou son esprit protecteur apporte une vision de sagesse, de bienveillance et c'est beau de croire que chacun d'entre nous n'est pas seul.e dans l'existence. Une autre conception du destin que celle qui prévaut dans la pensée occidentale permet une ouverture sur d'autres cultures. Mais j'ai vraiment eu du mal avec la narration, tout un tas de digressions, de retours en arrière, d'anecdotes qui ont rendu ma lecture laborieuse et qui m'ont amenée à sauter des passages afin de tenir le choc et de suivre jusqu'au bout Chinonso.