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30 Juillet 2020
Le Chant de la Mission, John Le Carré, Editions du Seuil, 2007, 546 pages, traduction Mimi et Isabelle Perrin (anglais).
Bruno Salvador, dit Salvo a un talent rare, il sait parler de multiples langues et en particulier des langues africaines. Il en a fait son métier et il travaille pour des entreprises, des tribunaux et aussi de manière dissimulée pour les renseignements britanniques. Une de ses missions va le conduire dans un lieu tenu secret dans lequel va se tenir un congrès à huis clos dans lequel plusieurs hommes politiques vont décider de l'avenir du Congo. Ces négociations ont l'objectif affiché de servir la paix mais bien entendu le véritable objectif est de faire du fric sur le dos de L'Afrique et de ses populations. Salvo va rapidement comprendre le pot aux roses grâce aux traductions mais aussi par l'interprétation de tout ce qui n'est pas dit. Il se rend compte que ceux pour qui il travaille sont sans pitié. Salvo qui vient de tromper sa femme avec une infirmière congolaise nommée Hannah se sent investi du rôle de lanceur d'alerte et il va tenter d'éclairer le monde sur la duperie dont le Congo va être victime. Cette partie du roman est à mon avis la moins réussie car elle est peu crédible. Toute la première partie est intéressante, on apprend beaucoup sur les arcanes de l'espionnage, sur le rôle des interprètes. Salvo est un personnage complexe, pris entre ses origines, son éducation assez stricte à la Mission, son mariage, il possède une certaine droiture. La traduction des débats comporte quelques longueurs mais est nécessaire pour comprendre les enjeux. La fin est moins réussie et vient un peu ternir l'ensemble.