LE JOURNAL DE FRANKIE PRATT, Caroline Preston, Editions Nil, 2012, 233 pages
Frankie nait à Cornish dans le New Hampshire autour des années 1900. Elle vit dans une ferme, son père est morts, sa mère travaille en tant qu'infirmière et ne néglige pas ses efforts pour subvenir aux besoins de Frankie et de ses deux petits frères. La jeune fille aspire à être autre chose qu'une simple fermière, heureusement elle est douée en classe et obtient une bourse d'études lui permettant d'étudier à Vassar. Là, elle se lance dans ses premiers essais d'écriture, rencontre la société bourgeoise et poursuit son envie d'être quelqu'un. On suivra Frankie durant sa vie, passant par un séjour à Grennwich Village, traversant l'Atlantique pour s'établir à Paris puis de retour chez elle. Elle livrera ses désirs et son envie d'écrire, ses amours pas toujours heureuses, ses rêves de jeune fille.
La forme de ce journal n'est pas banale: il s'agit de scrapbooking donc le récit est mêlé de photo, de publicités, d'objets, de gravures de mode... tout un tas de fragments de ces années-là que l'auteure est allée chiner partout dans le pays. Ca rappelle des récits de voyage ou des livres de souvenirs qu'on conserve précieusement dans un tiroir. C'est original et assez amusant car chaque page propose un petit voyage dans le temps. Le récit en lui-même est beaucoup plus décevant. Frankie et son regard sur la vie ne m'ont pas vraiment intéressée. Il m'arrivait de temps à autre d'oublier de lire et de ne regarder que les images, en fait ça ne gênait pas vraiment pour la compréhension. L'ensemble est plutôt mièvre et trop sage pour donner l'image d'une femme vraiment moderne malgré les tribulations de Frankie et sans doute un comportement plutôt leste pour l'époque. Rien n'a véritablement de relief. Une bonne idée de mise en forme (fera-t-elle des petits?) mais il faudrait avant tout veiller à soigner le style et l'intérêt de l'histoire pour le lecteur.