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Publié par virago

Pourquoi lirait-on, si c'était pas pour penser à ce qu'on a lu?
LA PETITE FILLE DE SES REVES, Donna Léon, Policier Points, 2011, 326 pages, traduction William Olivier Desmond

Guido Brunetti et Vianello font une découverte macabre dans un des canaux de Venise, une petite fille morte noyée. L'enfant appartient à une communauté de gitans bien connue des services de police pour des participations à des vols et à des actes de violence. Pour les policiers, cette enquête se révèle très rude, car comme le dit le légiste: "Personne n'aime les enfants." Bien que tout le monde, son supérieur le vice-questeur Patta en tête, le pousse à classer l'enquête comme étant un accident, Brunetti s'acharne car il ne peut pas supporter que cette petite fille n'ait pas droit à la vérité.

Je pense que c'est un des plus durs épisodes que connait le commissaire, bien entendu parce que les morts violentes d'enfants sont intolérables pour tout le monde mais aussi parce qu'on touche du doigt l'injustice lié au statut des individus dans la société. Guido apparait, comme souvent, impuissant à véritablement punir les coupables mais déterminé à rendre justice aux victimes contre vents et marées. Donna Léon évoque aussi le problème des populations roms, gitanes, tsiganes, du voyage selon les terminologies plus ou moins politiquement correctes. On sait qu'en Italie c'est une situation particulièrement délicate car des exactions ont déjà été commises envers des campements et qu'en même temps le taux de criminalité lié à ses populations est élevé.

Etant fan du commissaire Brunetti et surtout de ses déambulations dans les rues de Venise, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cette enquête. Les détracteurs de Léon mettent en avant la faiblesse du côté policier de ses romans, il est vrai que l'enquête à proprement parler n'occupe qu'une petite place, mais c'est autre chose qu'on recherche: on est attaché aux personnages, à la ville, en fait à un certain art de vivre.

Ce bouquin entame une série de livres proposés et prêtés par Frank avec qui je partage souvent mes lectures.

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