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Partages de livres, de lectures, d'écritures

C'est à la Morgue que les jeunes voyous ont leur première maîtresse.

C'est à la Morgue que les jeunes voyous ont leur première maîtresse.

THERESE RAQUIN, Emile Zola, Le Livre de poche, 1997, 234 pages.

Il s'agit d'une passion fulgurante qui unit Thérèse et Laurent. Une passion telle qu'elle les fait agir comme des brutes, on peut même dire comme des bêtes. Ils camouflent leurs étreintes sous des masques d'hypocrisie et de froideur afin de mieux tromper leur entourage. Pour enfin vivre tranquille, le couple décide de se débarrasser du mari gênant en le tuant. Ce crime qui aurait du les rassembler les éloignera bien au contraire...

Je pense que c'est le roman le plus noir que j'ai lus de Zola (bien que je sois loin de les avoir tous lus). Ces deux personnages avec leur vie cachée et leurs grimaces face au monde m'ont dégoutée. Ils sont laids même dans leur amour, Thérèse sous des airs bien comme il faut se complait dans le vice, Laurent est un paresseux sensuel prêt à bien des concessions pour vivre vautré dans un petit confort. Le pire c'est l'existence de la veuve Raquin, vieille dame paralytique et muette, qui comprend que ceux qui l'entourent de leur fausse affection sont en réalité les assassins de son fils et qui doit subir leur présence sans rien pouvoir faire. Une atmosphère lourde et gluante comme celle qui envahit la boutique de mercerie dans laquelle la famille croupit entoure la bassesse des actions des personnages. Un épisode qui est beau en quelque sorte dans son atrocité c'est le moment où Laurent prit de peur d'être découvert, arpente les couloirs de la Morgue afin de reconnaitre parmi les cadavres le visage de Camille. Une vision qui hantera Laurent et la fin du roman comme un spectre vengeur. Zola qui n'est pourtant pas tendre avec l'humanité en présente ici une face détestable, la beauté de l'écriture rendant le lecteur un voyeur haletant de tant d'abjection.

Participation de juillet au chellenge Un classique par mois chez Mille et une pages

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