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Publié par virago

"Travaille encore, travaille toujours: terre dégradée n'est pas encore jardin."

TEXACO, Daniel Chamoiseau, Folio, 498 pages

Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel choc esthétique. Lire Texaco, c'est renouer avec une langue française telle qu'on ne la reconnait plus. Chamoiseau a une écriture vraiment particulière, mélange poétique de français de la métropole et de créole. C'est assez déroutant au début, cette lecture exige un effort comme si je ne savais plus de quelle langue il est question tout en sachant que c'est la mienne. Et puis au fil des pages, une sorte de charme agit et cela devient plus fluide, on dépasse le sentiment d'étrangeté pour seulement se plonger dans le récit. La forme de l'histoire est elle-aussi déroutante avec des retours en arrière qui permettent de construire le propos principal. Texaco, c'est un quartier de Fort-de-France, nommé ainsi car il se trouve sur la propriété de l'entreprise pétrolière du même nom. Le roman, à travers la voix de Marie-Sophie Laborieux, la fondatrice de ce quartier, retrace des pans de l'histoire de la Martinique. Il s'agit d'un récit polyphonique puisqu'il mêle ce qu'Esternome, le père de Marie-Sophie, a raconté des temps anciens et le récit à proprement parlé de la narratrice. Sous la forme d'une narration liée à des existences particulières, Chamoiseau fait référence à l'esclavage, à la pauvreté de certaines populations, aux luttes, à la politique. Moi qui ne connait rien à la Martinique, j'ai l'impression maintenant d'avoir vécu et d'avoir appréhendé une partie de ce qui la compose. Ce roman m'avait été recommandé par Caro, je vous incite à mon tour à suivre les pas du "Marqueur de Paroles".

Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau

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