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Partages de livres, de lectures, d'écritures

"Personne ne poursuivait la fugitive. C'est en elle-même que vivait la poursuite."

"Personne ne poursuivait la fugitive. C'est en elle-même que vivait la poursuite."

LA PASSANTE DU SANS-SOUCI, Joseph Kessel, Folio, 215 pages

Quelle tragique histoire que cette déchéance qui va frapper une femme promise à une vie brillante et vive! L'auteur, attablé à un bar, va croiser Elsa Wiener par hasard et s'attacher à son destin. Elle est belle, talentueuse, elle est chanteuse et amoureuse de Michel, son mari emprisonné dans les geôles allemandes. Pour lui, pour adoucir son ordinaire, elle va tomber de plus en plus bas. Elle va tout accepter par amour pour un homme qui ne pourra jamais lui rendre ce qu'elle a consenti à sacrifier. Et qui finira par ne plus l'aimer. Kessel rend poignante cette descente aux enfers qui est sous-tendue par les exactions du troisième Reich. Un des personnages est particulièrement émouvant, il s'agit de Max, un enfant rendu infirme par les nazis. Sa très grande maturité et l'admiration inconditionnelle qu'il porte à Elsa en font un être à part. On sent que c'est une vraie rencontre faite par l'auteur et qu'il s'attache autant au garçon qu'à la femme. Ce roman est intéressant est aussi pour la description du milieu noctambule du Paris des années folles que pour la dénonciation en filigrane du nazisme qui est la véritable cause de la chute d'Elsa.

"Personne ne poursuivait la fugitive. C'est en elle-même que vivait la poursuite."
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