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Publié par virago

"La maison était un sépulcre, notre peur et notre souffrance étaient enterrées dans ses ruines"

Rebecca, Daphné Du Maurier, Le Livre de poche, 443 pages, traduction Denise Van Moppès (anglais)

Un classique et il y a des raisons. Au début, on s'attend à une romance entre une jeune fille désargentée, qui tient compagnie à une horrible bonne femme riche, et qui tombe sous le charme de Maxim de Winter, bel aristocrate anglais, riche, séduisant et plus âgé qu'elle. On a presque les ficelles d'un Arlequin. Mais très rapidement, le talent de Daphné du Maurier fait évoluer l'intrigue vers un univers beaucoup plus noir qui mêle fantastique et policier si on veut attribuer des genres. Je me suis attachée à cette petite Mme de Winter, mal à l'aise dans son rôle de grande dame, qui va marcher sur les traces de celle qui pour beaucoup est restée la vraie Mme de Winter: Rebecca. L'ombre de cette dernière, morte dans des circonstances tragiques, plane dans tous les recoins de Manderley, le domaine appartenant aux de Winter. La narratrice ne sait pas comment se comporter, elle est assaillie de doutes, elle subit l'empreinte de celle qui l'a précédée. Ses sentiments et ses émotions sont décrits avec une réelle finesse, elle est écrasée par la perfection qu'incarne Rebecca, belle, séduisante, enjôleuse et surtout elle a peur que son mari ne l'aime pas pour ce qu'elle est. Comme pour la première impression sur le début de la lecture, les apparences vont s'avérer trompeuses et la réalité cache bien des aspects hideux sous un vernis impeccable. Certes l'écriture est un peu datée mais le charme agit toujours et la qualité de l'introspection est indéniable. 

Daphné Du Maurier

Daphné Du Maurier

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