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Publié par virago

"Son premier coup de pinceau vient frapper la feuille comme une gifle"

La Fabrique de poupées, Elisabeth MacNeal, Presses de la Cité, 466 pages, traduction Karine Guerre (Royaume-Uni)

J'avais envie de lire quelque chose de léger. Donc je rôde dans les rayons du CDI et je choisis un livre d'après le titre et la première de couverture. Je ne lis jamais la quatrième (vu que je n'aime pas savoir à l'avance), je me dis que le côté girly fera l'affaire (cloche en verre, fleurs... ). Grossière erreur. L'héroïne porte bien un nom de fleurs puisqu'elle s'appelle Iris et sa sœur jumelle se nomme Rose, mais c'est à peu près toute la légèreté qu'offre le livre. L'histoire se passe à Londres dans les années 1850 durant la construction des pavillons de l'Exposition Universelle. Les deux sœurs travaillent pour une horrible bonne femme qui vend des poupées en porcelaine. Iris peint les parties du corps et Rose coud les petits vêtements. Le rêve d'Iris est de devenir peintre mais étant une femme d'un milieu modeste mais très conservateur cela paraît impossible. Lors d'une visite sur le chantier de l'exposition, Iris va croiser le chemin de Silas Reed. Un personnage qu'on pourrait qualifier de pauvre type, bizarre, taxidermiste de son état, toujours moqué par les autres. Et c'est là que toute l'intrigue va se nouer. On va suivre les personnages à la fois dans les bas fonds londoniens largement pourvus à cause de l'industrialisation triomphante de l'Angleterre qui va créer une misère effroyable mais aussi dans le cercle joyeux et fantasque des peintres préraphaélites. On va surtout pénétrer dans les bas fonds de l'âme humaine. Ce roman pourrait par certains côtés être qualifié de thriller car les personnages vont être au centre d'une toile qui va inexorablement se renfermer. Pas une lecture esthétique mais le livre m'a bien plu. L'ambiance à la fois désuète et malsaine englue un peu mais l'intrigue est habilement tissée et les pages se tournent seules. 

"Son premier coup de pinceau vient frapper la feuille comme une gifle"
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