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Publié par virago

"L'espoir est omnivore: qu'on lui refuse la nourriture qu'il attend et il se contentera d'une autre, pourvu qu'elle l'aide à survivre."

Rouge Brésil, Jean-Christophe Rufin, NRF Gallimard, 2001, 550 pages

Un roman qui rappelle les récits de voyages des grands explorateurs, ce texte a des accents de Jean de Léry dont il s'inspire. Il retrace un épisode mal connu de l'histoire de France pendant la Renaissance. On suit les aventures de deux enfants: Just et Colombe qui sont embarqués sur un navire voguant vers le Brésil. Le but de la mission est comme toujours de coloniser de nouveaux territoires afin de gagner de nouvelles richesses, mais aussi d'apporter la "civilisation" donc la religion à ces peuplades "sauvages". L'idée d'embarquer des enfants est venue de la nécessité d'avoir des interprètes et on le sait bien, les enfants apprennent rapidement. L'expédition conduite par le chevalier de Villegagnon va connaitre tous les déboires : un pays qui se montre inhospitalier, une résistance indigène plus coriace que prévu, une lutte intestine entre les différentes forces à l'oeuvre, des manigances de la puissance européenne et bien sûr la bêtise humaine qui n'est jamais en repos. J'ai trouvé le personnage de Colombe vraiment intéressant, beaucoup plus ouvert et intelligent que tous les hommes qui l'entourent. Rufin retravaille la relation entre l'homme et la nature et les conceptions opposées qui la composent. Le récit est prenant, l'intrigue bien menée même si j'ai assez rapidement vu arriver certains épisodes. Rouge Brésil est un bon roman qui permet un voyage dans le temps et dans l'espace, qui nous permet de nous requestionner sur notre civilisation européenne qui s'est affichée comme dominante durant des siècles.

 

Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin

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