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Publié par virago

"Les politiciens sont toujours les derniers du pays à voir ce qui se passe sous leur nez."

Le Talon de fer, Jack London, Phébus 2003, 320 pages

Ce roman se présente comme le journal d'Avis Everhard, jeune fille de bonne famille convaincue d'embrasser la cause socialiste par Ernest, ouvrier porteur d'idées nouvelles qui deviendra son mari, qu'elle aimera passionément et aux côtés de qui elle combattra jusqu'à la fin. L'intrigue mêle "théories" politiques et actions notamment menées par les groupes révolutionnaires. London dépeint dans cette contre-utopie une lutte sans merci entre les ploutocrates du Talon de fer, une dictature capitaliste, aux travailleurs qui veulent gagner leur libre arbitre. Tout en étant une fiction, London analyse avec acuité les mécanismes du capitalisme et de ses serviteurs pour lesquels l'enrichissement et surtout la volonté féroce de maintenir leur pouvoir et leurs privilèges est l'absolue priorité. Ernest provoque ces hommes puissants en fustigeant leur bêtise crasse et leurs théories fumeuses. En face, la masse asservie des travailleurs n'a pas de valeur sauf accroître la richesse de ses maîtres. Et encore en-dessous se trouve le peuple de l'Abîme (terme que London a utilisé dans son reportage sur les bas fonds en Angleterre), miséreux, incultes et ivrognes qui forment la lie de la société.  L'histoire est sanglante et violente, les nantis n'hésitant devant aucune horreur pour asseoir leur prise, cette violence entraîne de la part des révolutionnaires une réponse égale. Un livre troublant car il adopte une tournure de documentaire avec forces notes venues étayer les éléments du journal, on sait que ça n'a pas existé mais beaucoup d'épisodes relatés ont la couleur de l'authenticité. 

 

Jack London

Jack London

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