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Publié par virago

"Le rire est une défense contre ce qui impressionne."
TEMPS GLACIAIRES, Fred Vargas, Flammarion, 2015, 489 pages
Fred, je t'aime.

Presque tous les romans que tu écris, je les aime aussi.

Je retrouve la brigade dirigée par Adamsberg comme si je revoyais des amis de longtemps (cela dit, ça commence à faire longtemps que je les croise au fil des parutions). Ils sont tous particuliers, ils ont leurs manies, leurs failles et ils ont le droit d'exister tels qu'ils sont. Et même mieux, c'est leur singularité qui permet aux enquêtes d'aboutir. J'ai bien sûr des chouchous: Retancourt, Danglard et Veyrenc pour ne pas les citer, mais les autres aussi ont toute ma tendresse (même cette tronche de cake de Noël a sa raison d'exister). C'est un rassemblement de baltringues, qui exercent le métier incongru de policiers. A priori, on ne mise pas un centime sur eux et pourtant, pourtant, leur taux de résolution de crime est parfait. Faut dire aussi que les crimes en question ne sont pas faits pour tout le monde: ici, Adamsberg était peinard, rien sur le feu et c'est Bourlin (peut être d'ailleurs un petit nouveau ou une pièce rapportée) qui vient le lancer sur la piste d'un suicide. Une brigade criminelle ne s'intéresse pas aux suicides, on te dit. Mais Bourlin, c'est un mec bien, Adamsberg a de la sympathie pour lui, et voilà, c'est parti. 

Ce que j'aime dans ces enquêtes, ce sont les méandres. Rien n'est droit, rien n'est évident. La raison n'est plus la valeur première. On vogue vers des rivages lointains et souvent aussi embrumés que l'esprit du commissaire ou celui de Danglard quand il n'a pas eu son quota de vin blanc. Une belle image, c'est celle des algues, rassemblées en un tas informe dans lequel Adamsberg et ses subordonnés doivent trouver le fil qui les conduira vers la solution. Les salauds sont de vrais ordures, qui cachent bien leur jeu et Adamsberg sous ses airs bonasses, sait repérer la cruauté qui transpire. Embarquez pour cette enquête et laissez vous porter, n'essayez pas de deviner qui a fait, car c'est tellement impensable qu'il est impossible de se douter de quelque chose.

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