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Publié par virago

"Le crime n'est pas de faire, mais d'être. Et surtout d'avoir l'air."
EN FINIR AVEC EDDY BELLEGUEULE, Edouard Louis, Edition du Seuil, 2014, 203 pages.
La vie d’Eddy est un enfer. Sa famille est composée d’un père violent et alcoolique, d’une mère frustre et épuisée, de plein de frères et sœurs aussi brutaux que le reste. Eddy est différent des autres, il est efféminé,  il se rend vite compte qu’il aime les garçons, il a des aspirations à vivre dans un autre milieu. Toute sa jeunesse se passe dans un marasme intellectuel et des mauvais traitements aussi bien chez lui qu’au collège. Une peinture d’une tranche de la société qu’on qualifie de quart monde, où la pauvreté financière n’égale que la bêtise, le racisme et les préjugés. Le tout sous l’ambiance plombée et poussiéreuse du Nord de la France.  Même si le récit est totalement authentique, j’ai du mal à croire que ce type d’environnement existe tout en sachant que le tableau est bien réel. On ne peut être qu’en empathie avec Eddy Bellegueule (d'autant plus que le récit est à tonalité autobiographique), avec ses combats pour essayer de survivre et même mieux d’être accepté par tous ces gens. Quelle solitude, quelle injustice. Heureusement pour Eddy, il a su fuir, abandonner toute cette misère derrière lui. Il a trouvé une forme d'acceptation grâce à l'école et au milieu bourgeois dans lequel il s’intègre. Tout en étant une victime, il a trouvé assez de vitalité pour s’en sortir. On peut reprocher une sorte de dualité simple entre les pauvres forcément affreux et les riches éduqués qui sont tolérants. Ce n'est peut-être pas toujours aussi simple, mais ce n'est pas non plus totalement faux. Un texte dérangeant mais qu’on lit avec une sorte de fascination, comme pour toucher l’abjection du doigt en espérant y trouver malgré tout la lumière.

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