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Publié par virago

" Je haïrai au lieu d'aimer."
MAX, Sarah Cohen Scali, Scripto Gallimard, 2012, 472 pages
Un personnage qui fait froid dans le dos: Max. Dès le ventre de sa mère, il se prépare à devenir un monstre. Il est conçu méthodiquement par le régime nazi pour devenir un représentant d'exception de la race aryenne. Tout chez lui est mesuré, calibré, formé: il est parfait. Son intelligence hors du commun lui fait adhérer avec encore plus de force aux théories du régime, Hitler est son idole. Max n'éprouve aucun sentiment sauf ceux de l'honneur de la patrie et de sa propre supériorité. Sarah Cohen Scali a créé un personnage pour lequel je n'ai éprouvé que de l'effroi et du malaise. Malgré l'épisode Lukas qui l'humanise un tant soit peu, Max est glaçant. Je me demandais si ce type d'enfant avait pu exister, toutes proportions gardées à l'oeuvre de fiction, grâce aux Lebensborn et au programme eugéniste en vigueur pendant l'Allemagne de la seconde guerre mondiale. 

J'avais beaucoup aimé le recueil Mauvais sang et notamment la nouvelle Le Prince charmant. Dans ce roman Cohen Scali a toujours ce génie de la formule et de la surprise. L'écriture est assez spéciale car distanciée et sans émotion de la part de Max qui est le narrateur. 

Je m'interroge sur la persistance du thème de la seconde guerre mondiale dans la création contemporaine. Cet épisode de l'histoire a laissé une empreinte forte dans les imaginaires puisqu'elle est encore source d'inspiration qui semble inépuisable.

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