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Publié par virago

"La vanité des écrivains donne une idée de l'infini."

LA CUISINIERE D'HIMMLER, Franz-Oliver Giesbert, Gallimard, 2013, 348 pages

Rose a tout connu des horreurs de notre vingtième siècle: le génocide arménien, l'occupation allemande pour ne citer que ceux-là. Elle était vouée à être une victime, elle l'a d'ailleurs été, bien souvent elle a dû accorder des faveurs sexuelles pour sauver sa peau. Sa soif de vivre lui a permis de survivre aux drames qui ont émaillé son parcours. Elle s'en sort et applique la vengeance comme une règle absolue. Seul moyen d'après elle pour continuer à se regarder en face. Son autre manière de faire front est la cuisine et son art pour enchanter les clients qui ont fréquenté ses restaurants. Une histoire assez rocambolesque pour une héroïne hors du commun, haute en couleur, qui se frotte à l'abjection mais qui en ressort plutôt renforcée qu'affaiblie. Arrivée à un âge canonique, elle continue sur sa lancée sans aigreur ni amertume car dit-elle: "Je ne supporte pas les gens qui se plaignent. Or il n'y a que ça, sur cette terre. C'est pourquoi j'ai un problème avec les gens.". Le livre s'ouvre sur ce solécisme et le ton est donné. Cette Rose est bien attachante, elle dresse un constat sans concession d'une lutte permanente pour rester un être humain malgré toutes les bassesses auxquelles elle est contrainte. Elle reste debout alors qu'elle aurait pu s'effondrer. Un souffle d'espoir assez rock n'roll dans un style où la formule est souvent présente.

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