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Publié par virago

Médée, poème enragé
Ecriture et conception Jean-René Lemoine, avec Jean-René Lemoine et Romain Kronenberg. Représentation jeudi 20 novembre, sortieOuest

J'ai envie de vous parler aussi des spectacles que je vois.

Le premier de cette saison me laisse assez perplexe. Je ne peux pas dire si j'ai aimé ou pas mais en tous cas, cela ne m'a pas déplu. Et pourtant c'était étrange. Un homme seul en scène, un décor minimaliste. Juste quelques lumières qui cernent le visage ou le corps. Un rectangle lumineux au sol. Une mise en scène aussi minimaliste, l'homme parle dans une quasi immobilité. Parfois une bande son, parfois des notes de guitare. Et l'acteur parle de Médée, de sa vie, de ses meurtres, du monstre qu'on connait dans l'histoire littéraire. Cette Médée est moderne et ancienne à la fois, elle emprunte des caravelles et vit aussi au bord de la piscine. Et la magie du texte opère, la voix de cet homme transporte dans un autre univers. Rien ne se passe et pourtant j'ai vu toutes les images, j'ai vu cette Médée effroyable et en même temps pitoyable. J'avoue que j'ai eu peur à certains moments car le texte est très cru, les scènes pornographiques et en tant que spectatrice assidue du théâtre contemporain, j'ai eu peur que cela dérape dans une scène d'effeuillage comme j'en ai vu tant pour faire moderne. En fait non, la solitude et la trahison que subit Médée sont poignantes. Elle me fait peur et en même temps je la plains, c'est la réponse d'une femme qui aime et qui ne sait pas comment manifester son amour. Je comprends que ce mythe préoccupe Jean-René Lemoine qui est à la fois le comédien et l'écrivain de ce texte. C'est un personnage que j'aime aussi pour son mystère. Elle est un monstre, c'est évident mais qu'est-ce qui a fait ce qu'elle est devenue? Toujours le monstre nous montre la part de noirceur que nous possédons, nous parle de nous-même. 

La performance de Lemoine est brillante. Il se présente en pantalon et sorte de bustier drapé. Il est beau, le crâne rasé, très masculin mais aussi maquillé, doux, gracieux, très féminin. Il est troublant par cette androgynie et on oscille entre les deux facettes. Le travail de la voix est bluffant.

En relisant ce que je viens d'écrire, je me rends compte qu'au final j'ai été vraiment touchée par ce spectacle alors que j'étais mitigée à la sortie. Bizarre
Médée, poème enragé
Médée, poème enragé

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