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Publié par virago

"La beauté est un concept aussi ambigu que le jaune."

BARBE BLEUE, Amélie Nothomb, Le Livre de poche Albin Michel, 2012, 123 pages

On sait qu'Amélie Nothomb a la tchatche, qu'elle est prolixe dans l'écriture, qu'elle a autant de livres dans ses tiroirs que de livres publiés et une somme insondable de livres dans sa tête. Sa chance est que tout ce qu'elle écrit sera tôt ou tard publié. Je ne suis pas sûre que tout ce qu'elle publie soit une bonne chose. Pourtant je l'aime bien Amélie avec son look de déjantée gothique, elle est plutôt drôle en interview et pertinente. J'avais bien commencé par Stupeur et tremblements qui m'avait beaucoup fait rire. L'écœurant Hygiène de l'assassin m'avait assez marquée et Métaphysique des tubes apportait un éclairage sur la barjitude de la dame. Puis j'avais tenté d'autres titres dont je ne me souviens pas et que j'avais laissé tomber en cours de route accablée d'un ennui réel. On m'a offert ce Barbe Bleue et ma foi, n'ayant rien de mieux sous la main, je l'ai lu. Une lecture vite faite tant ce petit bouquin est peu dense. Une idée amusante sur une réécriture du conte mais bof, bof, bof, ça sonne vite creux. Le bouquin est essentiellement basé sur des dialogues entre Saturnine et Don Emilio Nibal y Amilcar (en gros Barbe Bleue et sa prochaine épouse, femme, victime?). Les deux dissertent en s'enfilant des coupes de champagnes aux pédigrées  plus prestigieux les uns que les autres. Un jeu du chat et de la souris, va-t-il la manger? Va-t-il la laisser en vie? En fait on s'en fiche un peu parce qu'il n'y a pas de suspens. On n'y croit pas. On sent qu'Amélie a de la culture, vu l'étalage discret mais bien présent de références. Mais j'avais l'impression d'une écriture sur la table de la cuisine, en réutilisant les vieilles recettes pour empaqueter un produit vendable car le nom de l'auteure fait foi. Mieux vaut en rester aux versions d'origine qui ont bien plus de piment que ce pâle succédané.

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