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Publié par virago

Tout est dans la façon dont on respire.

CERTAINES N'AVAIENT JAMAIS VU LA MER, Julie Otsuka, 10/18, 2012,139 pages, traduction Carine Chichereau.

Des femmes, qui sont mariées ou qu'on a vendues à des hommes sur la promesse d'une vie meilleure. L'abandon de son pays, le Japon, pour s'installer dans une Amérique où la vie sera prétendument plus douce et plus agréable. Bien des espoirs déçus, un rêve américain de pacotille, seulement du labeur, des déceptions, parfois quelques instants heureux. En somme la réalité de bien des migrants. Ce qui fait l'exception de ce livre, c'est l'écriture. Julie Otsuka évoque des femmes qui ont toutes des destins différents en les englobant dans un "nous" qui fait de chacune d'elle un membre d'une communauté tout en préservant sa singularité. On ne suit pas une femme mais toutes ces femmes. L'auteur dans une sorte de litanie, énumère les pensées, les actes, les moments et c'est très beau et prenant. Cette multiplicité de vies, souvent énoncées brièvement, forme comme un hommage à toutes ces femmes qui ont véritablement existées puisque l'auteur s'inspire de faits réels. On ressent une telle compassion, une telle injustice face à ce que l'Amérique a représenté pour elles. Le roman a été largement récompensé et c'est plus que justifié.

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