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Publié par virago

Il faut être fou pour devenir écrivain.
MOI, BOY, Roald Dahl, Folio Junior, 2004, 204 pages, traduction Janine Hérisson.

J'aime bien l'autobiographie (sauf quand elle est larmoyante comme celle de notre brave Jean-Jacques Rousseau), je suis curieuse de savoir la vraie vie de ces gens étranges que sont les écrivains. Dahl prévient dès le départ que "Ce livre-ci n'est pas une autobiographie" mais en même temps il nous raconte sa vie dans les deux cents pages qui suivent (tu vois bien que c'est étrange tout ça).

En vérité l'enfance de Roald Dahl n'a pas été si rose que ça: lorsqu'il est dans sa famille tout va bien (à part plusieurs décès) grâce notamment à sa mère qui est une maitresse femme. Il passe des vacances formidables en Norvège (pays d'origine de la famille), c'est gai, lumineux, on a envie d'y être. Par contre la vie dans les pensionnats anglais qu'il connait d'assez bonne heure est effroyable: punitions corporelles extrêmement violentes et auxquelles les adultes les dispensant prennent un plaisir trouble, jeunes élèves qui sont sous la coupe des élèves plus âgés qui en font leurs esclaves. Quand même l'évolution de la pédagogie et des mentalités, ça n'a pas été si mal que ça.
On retrouve le ton des œuvres de fiction de Dahl à mi-chemin entre une sorte d'innocence joyeuse et de bizarrerie dérangeante. On comprend aussi dans quel imaginaire il a pu puiser pour créer son univers. Vu la dureté de certaines périodes de sa jeunesse, l'évasion vers un monde onirique n'a pu être que salutaire et salvatrice.

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