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Partages de livres, de lectures, d'écritures

"Ce sont des morts s'ennuyant dans la vie"

"Ce sont des morts s'ennuyant dans la vie"

LA FORTUNE DES ROUGON, Emile Zola, Folio Classique, 2011, 451 pages.

Pour honorer ma participation au challenge « Un classique par mois », j'ai décidé de revenir aux origines. J'avais lu de loin en loin des volumes des Rougon-Macquart mais je n'avais jamais abordé la série par le commencement. C'est chose faite puisque je me suis attaquée à La Fortune des Rougon. J'avoue que j'ai eu du mal à m'y plonger car le roman débute par une très longue description. Vu que je n'ai pas lu de classiques depuis longtemps, j'en ai perdu l'habitude. Le classique, y a pas à dire, ça se mérite vu l'effort de lecture que ça demande.

Finalement, une fois l'effort entrepris, ça en vaut la peine. J'ai pris du plaisir à suivre les tribulations de cette famille, il faut dire que Zola est un maître pour faire exister un personnage. Il dresse ici une série de portraits qui donne l'impression qu'on connaît ces gens, qu'ils pourraient être n'importe laquelle de nos fréquentations.

Dans la série des affreux, s'il me fallait établir un palmarès, j'attribuerais le premier rôle ex æquo aux deux frères (ou plutôt demi-frères) Pierre et Antoine. Pierre est un fils de paysan, rustre et lourdaud, qui a l'ambition chevillée au corps et qui est prêt à tout pour croquer sa part du gâteau. Il commence par s'élever un peu en devenant un petit commerçant vendeur d'huile et en s'alliant avec Félicité qui est son double féminin. Ils vivent en ménage gagne-petit, rongeant leur frein et pliant l'échine pour se créer un avenir rempli de délices qui tarde à arriver. Le couple de petits bourgeois atteindra son but à ne reculant devant aucune trahison pour y parvenir. Le frère Antoine est un fainéant de la pire espèce, qui met toute sa famille au travail et qui l'exploite outrancièrement. Antoine se comporte en « monsieur », porte des vêtements coupés sur mesure, mange et boit à satiété pendant que sa femme et ses deux enfants triment sang et eau. Le bonhomme est en plus sarcastique et les accable de reproches, il lève aussi la main à l'occasion. Ces deux là sont des symboles d'une humanité mesquine, avide, prête à toutes les bassesses pour assouvir ses désirs, sans aucune morale, vous reconnaissez pas mal de monde en somme ?

Heureusement, à côté de cette médiocrité crasse, quelques personnages redonnent un peu confiance en l'humanité. Tout d'abord le petit couple formé par Silvère et Miette. Deux gamins qui ont un début de vie rude et malheureux et qui se consolent dans les bras l'un de l'autre. Ils sont purs, ils sont beaux et naïfs et ils seront broyés par la société ou peut-être par le déterminisme qui les accable. Leur amour tout entouré de mystères et de ruse pour être heureux rachète par le sang la pauvreté d'âme de beaucoup d'autres. Le docteur Pascal lui-aussi, pourtant fils de Félicité et Pierre, incarne la bonté et la droiture. De par ses études, il se consacre aux autres et ses préoccupations de savant l'élèvent au-dessus de l'ambition familiale. Les siens le regardent d'ailleurs comme un raté, même pas capable de profiter de son art pour obtenir richesse et gloire.

Zola ne porte pas un regard bienveillant sur ses semblables et la critique acerbe qu'il dresse est impitoyable mais d'une réelle justesse. Je pense qu'on n'a pas fait mieux depuis. Je ne suis pourtant pas très friande du XIXème littéraire mais j'ai bien envie de me plonger dans la lecture des autres volumes afin de suivre le destin des personnages qui sont juste esquissés ici.

Ce roman participe au challenge "UN CLASSIQUE PAR MOIS" chez Mille et une pages      http://milleetunepages.canalblog.com

Ce roman participe au challenge "UN CLASSIQUE PAR MOIS" chez Mille et une pages http://milleetunepages.canalblog.com

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